Salut l’ami, et bienvenue dans notre petit coin d’apprentissage du DJing ! Tu as déjà fait tes premiers pas, tu sais mixer deux chansons, tu sens le rythme. C’est génial. Mais si tu as déjà regardé un DJ faire des choses incroyables avec ses platines, comme si elles chantaient ou parlaient, tu as sûrement pensé : “Comment ils font ça ?”. Eh bien, tu es au bon endroit. Aujourd’hui, on va parler de quelque chose de vraiment spécial : le turntablism et le scratch. C’est l’art d’aller au-delà des bases du mixage pour DJs, d’utiliser tes platines comme un instrument de musique à part entière.
Imagine un peu. Tu ne te contentes plus de jouer des disques. Tu deviens un musicien, un artiste sonore. Tes platines, ce ne sont plus juste des machines à lire de la musique. Ce sont tes pinceaux, et le son, c’est ta toile. On va explorer ensemble comment faire chanter, râper et même danser tes disques. Ne t’inquiète pas, on va y aller doucement, étape par étape. On est là pour apprendre, pas pour se sentir dépassé.
Alors, c’est quoi, le Turntablism ?
Le mot “turntablism” peut paraître un peu imposant. Mais sa définition est plutôt simple, et super cool. C’est l’art d’utiliser des platines vinyles (les “turntables”) et une table de mixage (le “mixer”) pour créer de la musique nouvelle ou réinterpréter de la musique existante. On ne fait pas que passer d’un morceau à l’autre. On manipule le son du disque avec les mains, on utilise la vitesse, le sens de rotation du vinyle, et surtout, ce fameux fader sur la table de mixage. C’est un peu comme si tu prenais un livre et que tu en faisais une pièce de théâtre improvisée, juste en changeant l’intonation des mots, en les coupant, en les répétant. C’est créatif. Très créatif.
Les DJs qui font du turntablism, on les appelle des “turntablists”. Ils ne se contentent pas de mixer. Ils composent, ils “jouent” avec le son. C’est une discipline qui est née dans les années 70 et 80, surtout dans la culture hip-hop, mais elle a vite trouvé sa place dans d’autres styles de musique. Tu peux le voir comme une forme d’expression musicale qui a ses propres règles, ses techniques et ses stars.
Le Scratch : Faire Parler le Vinyle
Le scratch, c’est le cœur du turntablism. C’est le son que tu entends quand un DJ fait avancer et reculer un disque sur la platine, tout en ouvrant et fermant un bouton spécial sur la table de mixage (le crossfader). Pense à un guitariste qui frotte les cordes de sa guitare pour faire un son. Le scratch, c’est un peu ça, mais avec un disque et tes mains. Au lieu d’une mélodie, tu crées des rythmes, des textures, des “mots” sonores. C’est vraiment l’élément le plus reconnaissable du turntablism.
Mais attention, le scratch, ce n’est pas juste un “skrrtch” au hasard. Il y a tout un vocabulaire de scratches. Des dizaines, même des centaines de techniques. On va en voir quelques-unes, juste pour te donner une idée de la richesse de cet art.
Les Premiers Pas : Le Baby Scratch
C’est la base de tout. Le “baby scratch”, c’est le premier son que tu apprendras. C’est super simple. Tu pousses le vinyle en avant, puis tu le ramènes en arrière, sans toucher au crossfader. Ton vinyle “chante” alors. Imagine que tu fais “wouh-wouh” avec ta bouche, en poussant l’air puis en le tirant. C’est le même principe. C’est un excellent exercice pour sentir le vinyle sous tes doigts et comprendre comment le son change avec le mouvement.
Le Crossfader entre en Jeu : Transformer et Flare
Une fois que tu maîtrises le baby scratch, tu vas introduire le crossfader. C’est un petit curseur sur ta table de mixage qui permet de passer d’une platine à l’autre. Ou, dans le cas du scratch, de “couper” et de “rétablir” le son très vite.
- Le Transform Scratch : Celui-ci est un peu comme si tu coupais le son en petits morceaux. Tu maintiens le vinyle immobile ou tu le bouges un peu, et tu “tapotes” le crossfader, l’ouvrant et le fermant très rapidement. Ça fait un son haché, comme “ch-ch-ch-ch”. C’est un peu comme un interrupteur rapide. Imagine tu allumes et éteins une lampe très vite.
- Le Flare Scratch : Ici, tu combines le mouvement du vinyle avec des coups de crossfader. C’est plus fluide. Tu bouges le vinyle dans un sens, et pendant ce mouvement, tu “cliques” le crossfader une ou plusieurs fois. Ça donne des sons qui ressemblent à “ki-ki-ki-kow” ou “tcha-tcha-tcha-tchi”. C’est un peu comme un batteur qui frappe sa cymbale en même temps qu’il joue un roulement sur la caisse claire.
Il y a aussi le Tear Scratch (où tu “déchires” le son en plusieurs petits à-coups avec ta main sur le vinyle) ou le Crab Scratch (où tu utilises plusieurs doigts pour “griffer” le crossfader ultra-rapidement). Chaque technique a son propre son, sa propre sensation. Et chacun est un pas de plus vers une expression sonore vraiment unique. Si tu veux en savoir plus sur les techniques de scratch et de juggles pour des sets comme le house et la techno, notre article sur les Techniques de Scratch et Juggles pour Sets House et Techno est une excellente ressource pour toi.
Beat Juggling : Jongler avec les Rythmes
Après le scratch, il y a une autre facette du turntablism super excitante : le beat juggling. Là, on ne fait pas que gratter des sons. On réarrange des rythmes entiers. Imagine que tu as deux copies du même disque, ou deux disques avec des boucles de batterie similaires. Le beat juggling, c’est l’art de jouer des morceaux de ces rythmes, en passant de l’un à l’autre, pour créer un nouveau motif rythmique. C’est comme un batteur qui aurait deux kits de batterie et qui jouerait des coups de l’un puis de l’autre, enchaînant des patterns complexes et originaux.
C’est un véritable défi pour le cerveau et les mains. Il faut être super précis sur le tempo, anticiper les boucles et surtout, faire en sorte que le nouveau rythme créé sonne bien. C’est un peu comme un puzzle musical où tu as les mêmes pièces (les boucles rythmiques) et tu les assembles de manière différente à chaque fois. Ça demande une écoute très fine et une synchronisation parfaite.
Pourquoi se Lancer dans le Turntablism ?
Tu te demandes peut-être : “Mais pourquoi je devrais apprendre tout ça ? Ce n’est pas juste pour les DJ hip-hop ?” Pas du tout ! Apprendre le turntablism et le scratch, c’est une compétence qui va booster ton DJing, quel que soit ton style. Voici pourquoi :
- Développe ta Créativité : Tu vas apprendre à penser la musique différemment. Non plus juste comme des morceaux à enchaîner, mais comme des éléments à manipuler, à sculpter.
- Une Touche Unique : Ton style va devenir inimitable. Quand tu pourras glisser un scratch ou un beat juggle bien placé dans ton set, même si tu joues de la house ou de la techno, ça va surprendre et ravir ton public. C’est ta signature sonore.
- Maîtrise de Ton Équipement : Tu vas connaître tes platines et ta table de mixage comme ta poche. La précision de tes mouvements, ta rapidité, ton écoute… tout va s’améliorer.
- Connexion avec la Musique : Tu vas développer une relation plus profonde avec les sons que tu joues. Tu les “sentiras” différemment.
- Impressionne la Foule : Soyons honnêtes, c’est spectaculaire ! Un bon scratch ou un beat juggle exécuté avec maestria, ça fait toujours son effet. Les gens adorent voir un DJ qui fait plus que juste appuyer sur des boutons.
Comment Démarrer : Tes Premiers Pas d’Artiste du Vinyle
La première chose à savoir, c’est qu’il faut de la patience. Beaucoup de patience. Le turntablism, c’est comme apprendre un instrument. Ça ne se fait pas en un jour.
Ton Matériel
Pour le turntablism, il te faut le bon équipement. Et pas n’importe lequel :
- Deux Platines à Entraînement Direct : C’est essentiel. Les platines comme les Technics SL-1200 (ou leurs équivalents modernes) sont des références. Elles ont un moteur puissant qui permet au vinyle de redémarrer instantanément et de bien réagir à tes manipulations.
- Une Table de Mixage avec un Bon Crossfader : Le crossfader est ta baguette magique. Il doit être solide, précis et réactif. Beaucoup de tables de mixage DJ sont conçues spécifiquement pour le scratch, avec des crossfaders optiques ou magnétiques qui glissent comme du beurre.
- Vinyles de Scratch ou DVS (Digital Vinyl System) : Si tu es sur vinyle, il te faut des “battle records” (des disques avec des boucles de sons, d’accapellas et de boîtes à rythmes spécialement conçus pour le scratch). Sinon, un système DVS (comme Serato DJ Pro ou Rekordbox DJ) te permet de scratcher avec des fichiers numériques via des vinyles spéciaux qui envoient un signal temporel à ton ordinateur. C’est une super option.
Pour approfondir comment intégrer ces compétences, pense à notre guide sur la Utilisation Créative de l’Égalisation (EQ) en Performance DJ, car maîtriser ton son est toujours crucial, même en scratch.
La Pratique, Encore et Toujours
C’est le secret. Mets-toi devant tes platines chaque jour, même juste 15-20 minutes. Voici quelques conseils :
- Commence Lentement : N’essaie pas d’être un “scratch hero” du premier coup. Chaque technique s’apprend à vitesse très réduite. Maîtrise le mouvement, le son, la sensation.
- Écoute-toi : Enregistre-toi. C’est le meilleur moyen de savoir ce qui sonne bien et ce qui a besoin d’être amélioré.
- Regarde et Imite : Il y a des tonnes de vidéos de turntablists sur YouTube. Observe comment ils placent leurs mains, comment ils bougent le vinyle et le fader. Essaie de reproduire ces mouvements.
- Sois Patient : Il y aura des moments frustrants. C’est normal. Ne lâche rien. Chaque petit progrès est une victoire.
- Amuse-toi : C’est de la musique ! Et l’art ! Ne perds jamais de vue le plaisir de créer du son.
N’oublie pas que l’entraînement rend parfait. Les meilleurs turntablists ont passé des milliers d’heures à pratiquer. Toi aussi tu peux y arriver, avec de la régularité et de la motivation.
Intégrer le Turntablism dans Tes Sets
Une fois que tu commences à avoir quelques techniques sous le coude, comment les utiliser en DJ set ?
- Les Points Clés : Ne scratche pas tout le temps, partout. Choisis des moments précis. Un passage vocal, un break rythmique, une intro ou une outro.
- Le Bon Goût : C’est la clé. Un bon scratch est un scratch qui ajoute quelque chose au morceau, qui surprend agréablement. Un scratch mal placé ou trop long peut casser le rythme. C’est comme un bon assaisonnement dans un plat. Juste ce qu’il faut.
- La Cohérence : Essaie d’adapter tes scratches au style de musique que tu joues. Un scratch agressif pour du hip-hop, un scratch plus doux et rythmique pour de la house. Par ailleurs, si tu es intéressé par les aspects plus mélodiques du mix, je te recommande notre article sur Maîtriser le Mixage Harmonique Avancé pour DJs.
- Pratique l’Intégration : Entraîne-toi à mixer un morceau, puis à insérer un scratch, puis à passer à un autre morceau. Fais des “mini-sets” chez toi pour simuler des conditions réelles.
Le turntablism, c’est aussi une forme de dialogue avec ta musique. Tu réponds aux rythmes, aux voix, aux mélodies. C’est une conversation passionnante.
La Communauté et l’Inspiration au Maroc
Au Maroc, la scène DJing est vivante et pleine d’énergie. Il y a de plus en plus de jeunes talents qui s’intéressent aux techniques avancées, y compris le turntablism. N’hésite pas à chercher des groupes en ligne, des événements locaux, des ateliers. Parfois, même un DJ plus expérimenté dans un club peut te donner des conseils précieux. C’est en partageant et en apprenant des autres qu’on progresse le plus vite. Et qui sait, peut-être qu’un jour, ce sera toi qui inspireras la prochaine génération de turntablists marocains !
Le turntablism, comme toute forme d’art, est une évolution constante. L’intégration de la technologie numérique a même ouvert de nouvelles voies, rendant l’apprentissage plus accessible. D’ailleurs, si tu veux explorer l’histoire plus large de cette pratique, jette un œil à l’article de Wikipedia sur le turntablism, ça te donnera une bonne base historique.
Conclusion : Ton Aventure Sonore Commence Maintenant
Tu vois, le turntablism et le scratch, ce n’est pas juste du bruit. C’est un langage, une façon de faire de la musique, de s’exprimer avec une énergie folle. C’est une compétence difficile, oui, mais tellement gratifiante. Elle te poussera à devenir un DJ plus créatif, plus précis, et plus passionné.
Alors, prêt à faire parler tes platines ? Lance-toi. Commence avec le baby scratch. Sens le vinyle. Écoute les sons que tu crées. Sois patient avec toi-même. Le chemin est long, mais chaque petit pas est une victoire. Chaque son que tu sculpteras sera une part de toi. Et n’oublie jamais que l’important, c’est de prendre du plaisir. C’est ça, la vraie magie du DJing. Et si tu veux aller encore plus loin, nos cours te donneront toutes les clés pour maîtriser ces Techniques Avancées de Mixage et Performance DJ. On se retrouve derrière les platines !
Pour des informations complémentaires sur les techniques et le matériel, tu peux aussi consulter la page Wikipedia sur les Disc Jockeys qui couvre un large éventail de sujets liés au DJing, y compris l’équipement.